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Les éleveurs, par exemple, sont endettés jusqu’au cou, et les donneurs d’ordres qui les exploitent rachètent leur viande en dessous de son prix de revient.

Les producteurs de fruits et légumes sont aussi obligés de vendre leurs récoltes aux centrales d’achat en dessous de leur prix de revient.

La pression du court du marché, les marges exorbitantes des intermédiaires et des revendeurs imposent des conditions de travail de plus en plus difficile avec une rentabilité de plus en plus aléatoire, pour joindre les deux bouts, il faut repasser par la case crédit.

Les paysans sont obligés de vivre d’aides et de subventions payées par nos impôts.

Et lorsque nous nous rendons aux supermarchés, nous repayons une deuxième fois les produits issus de l’agriculture et de l’élevage.

Le système est implacable, il exploite honteusement ceux qui produisent, et vident les poches de ceux qui consomment.  

Il faut en finir avec la libéralisation agricole et le pillage par les grands groupes capitalistes de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui appauvrissent et précarisent les éleveurs, les agriculteurs et les consommateurs.

Surendettés, faisant face à des difficultés économiques croissantes et à une perte du sens de leur travail, de plus en plus d’agriculteurs sont désespérés.

Et cela aboutit trop souvent au suicide : les agriculteurs se tuent trois fois plus que les cadres selon une étude récente de l’Institut de veille sanitaire.

Les agriculteurs sont un « groupe » très hétérogène où cohabite la pauvreté, voire la misère d’un côté , et l’opulence de l’autre .

La politique agricole commune accroît les écarts de revenus en distribuant 80 % des aides à 20 % de gros exploitants agricoles.

Comme pour l’ensemble de la population, le système capitaliste enrichit les riches et appauvrit les pauvres ! A la ville comme à la campagne, on est tous égaux !

Il est nécessaire d’enrayer la chute puis d’augmenter le nombre de paysans organisés en petites fermes ou en exploitations collectives. Il ne faut pas laisser la possibilité au marché de fixer et de spéculer sur les prix des denrées alimentaires. Il faut que  les prix agricoles soient rémunérateurs du travail fourni, et permettent aux paysans de fournir des produits de qualités.

Le problème des terrains agricoles peut être résolu par un « organisme citoyen » qui faciliterait l’installation d’agriculteurs en louant des terres avec un bail d’années prédéfinis (49 ans, 69ans, 99ans ?) afin que le rapport à la terre change et ne soit plus l’objet de spéculation lorsqu’un agriculteur prend sa retraite.

Les crises sanitaires révèlent l’impasse dans laquelle nous plonge le productivisme agricole intégré dans la puissante industrie agroalimentaire : non seulement les risques sanitaires ne sont pas maîtrisés mais les problèmes engendrés sont démultipliés.

Plus les circuits empruntés par les aliments sont longs et compliqués, et plus la sécurité est mauvaise.

Lorsqu’une tomate produite à 30 km de chez vous, parcourt 1500 km avant de finir dans votre assiette, c’est qu’il y a un souci !

Pour obtenir une traçabilité réaliste il est plus qu’urgent d’aller vers des formes de production, de transformation et de consommation localisées et de petite échelle. Une politique agricole ambitieuse doit préserver de manière conjointe, les ressources naturelles, le métier de paysan et la santé de la population.

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