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Le fiasco économique.
Le départ de Taubira a également éclipsé trois informations socio-économiques que l’actualité et la raison nous imposent de relier.

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Le 26 janvier, c’est la remise du rapport de la commission présidée par Robert Badinter sur le Code du travail. Pour le meilleur ou pour le pire. Badinter est un symbole de gauche qu’Hollande souhaiterait volontiers hisser devant toutes les critiques. Mais les recommandation du rapport ont suscité une autre salve de critiques … à gauche. En juin, Robert Badinter avait déjà livré ses intentions, un compromis social-démocrate pour simplifier une législation du travail ultra-complexe tout en sanctuarisant la protection des droits sociaux négociés et acquis au fil de notre histoire moderne – protection sociale, congés payés (article 37), durée légale du travail, CDI comme norme (article 9), lutte contre le harcèlement (article 7), interdiction du travail le dimanche sauf dérogation, etc. Six mois plus tard, il livre une liste de 61 articles qui provoquent l’ire à gauche.

En cause, ces articles sont souvent imprécis ou renvoient à des possibilité de dérogations sans en définir le cadre ni les objectifs, comme le travail des mineurs de moins de 16 ans (art. 8), le prêt de main d’oeuvre (art. 18), le reclassement des licenciés économiques (art. 28), le travail le dimanche (art. 35), ou le travail de nuit (art. 36). La liste des droits de la Commission Badinter facilite la déconstruction du code du travail par des lois d’application comme la la loi Macron 1.

Le 27 janvier, les statistiques du chômage pour le dernier mois de l’année passée sont enfin publiées, et elles sont catastrophiques. L’échec de François Hollande et de Manuel Valls sur le front du chômage est incontestable: 15.000 sans-emplois supplémentaires en un mois et la ministre du Travail met cela sur le compte des attentats de novembre. Le gouvernement a beau se féliciter d’une croissance retrouvée en 2015 -1,1% en 2015 confirme l’INSEE l’échec de la politique de l’offre se lit dans l’explosion du chômage: depuis 2012, le nombre d’inscrits à pôle emploi a cru de 700 000. 

La faute à pas de chance ? 

Le 28 janvier, la fondation Abbé Pierre commente son 21ème rapport annuel sur le mal logement. Le taux de pauvreté en France est passé entre 2008 et 2016 de 13% à 14,2% ; pour toucher quelque 8,6 millions de personnes en France. Un problème de flexibilité ? C’est un signal faible de plus sur cette aggravation de la précarité dans le pays. 

Barre, Balladur, Hollande.
Le départ de Taubira achève un autre retournement, moins remarqué par les commentateurs. Au début du quinquennat, l’opposition de gauche à Hollande multipliait les procès en « gauchitude » contre le vainqueur de Sarkozy. 

Trois ans plus tard, la situation s’est totalement inversée.

La vrauche n’a plus personne à convaincre que l’action politique de cette équipe gouvernementale n’a rien à voir avec son arrimage politique initial. Ce sont aujourd’hui les partisans de Hollande, militants ou ministres survivants, qui clament haut et fort combien ils sont de gauche; qui exhibent du bilan Hollandais quelques rares mesures comme des médailles pour les prochaines échéances; ou qui tentent de requalifier leur action en fouillant la préhistoire politique.

Ce « débat » a un enjeu électoral évident. Hollande ne gagnera pas sans convaincre sa gauche. On ne gagne pas une élection à deux tours sur la ligne étroite d’un centre-droit encombré. 

François Hollande se trouve seul arrimé sur la ligne Valls, ce mélange de libéralisme économique et de dérive sécuritaire calquée sur le modèle sarkozyste, démultiplié par les attentats de 2015. Il a gagné en cohérence, il s’est détruit en références. Hollande n’incarne plus rien, ni pour la gauche, ni pour la droite.

Pour les premiers, il manque quelques mesures symboliques fortes et durables. Pour les seconds, il reste illégitime. L’homme de toutes les synthèses de Congrès socialistes a rétrécie son champs symbolique et politique au centre-droit.

Qu’on ne se méprenne pas: François Hollande a un électorat, c’est évident. Mais a-t-il encore des troupes militantes pour le défendre ?

Hollande grapille des voix, une masse indifférente qui court du centre-droit libéral jusqu’aux franges de la droite sécuritaire. Mais François Hollande n’a plus de partisans. il lui reste une troupe rétrécie au strict minimum, un parti vidé de sympathisants et appauvri en militants, car les autres sont partis, découragés, ou divisés. Il semble dans la situation inverse de ses rivaux. A droite, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy peuvent s’appuyer sur les troupes de LR, un désir de revanche évident et, surtout, une popularité plus forte dans les sondages.

A l’inverse,  la gauche est figée et congelée dans ses fractures irréconciliables. Elle attend la grande baffe électorale de 2017 comme la vache l’abattoir.

On devrait oser un parallèle avec Edouard Balladur. Il y a 20 ans, le premier ministre, favori de sondages, partit haut la main dans une campagne qu’il croyait être un référendum d’applaudissements. Faute d’avoir compris la fracture sociale du moment ni capté les rênes du premier parti d’opposition de l’époque, Balladur se fracassa au premier tour de l’élection présidentielle sur une réalité qu’il n’avait pas saisie: les militants. Hollande est dans une situation comparable, la popularité sondagière en moins. 

Dans un 1 an et 3 mois, on nous accusera d’avoir fait perdre Hollande. Sans doute. 

Ensemble contre la politique jacobine

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